{"id":3196,"date":"2014-12-13T14:56:51","date_gmt":"2014-12-13T13:56:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.laurencenicola.com\/labo\/?p=3196"},"modified":"2022-04-13T15:16:53","modified_gmt":"2022-04-13T14:16:53","slug":"texte-de-mehdi-brit-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.laurencenicola.com\/labo\/texte-de-mehdi-brit-2014\/","title":{"rendered":"Texte de Mehdi Brit, 2014"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab\u00a0Se rejoindre\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Que reste t-il des fragments racont\u00e9s par ces paysages qui captent la vue\u00a0? Happ\u00e9, le corps immobile, le souffle se fait plus pr\u00e9sent puis le geste accompagne un regard sous la fulgurance d&rsquo;un \u00e9clair qui tente de se lib\u00e9rer d&rsquo;un brouillage \u00e9pineux. Si l&rsquo;on s&rsquo;attache aux tonalit\u00e9s retrouv\u00e9es par Laurence Nicola, on y d\u00e9couvre la posture d&rsquo;un alchimiste amoureux. Ses mains jouent d&rsquo;un lyrisme affut\u00e9 en composant les premi\u00e8res notes d&rsquo;une symphonie o\u00f9 la brutalit\u00e9 de la mati\u00e8re creuse les traits d&rsquo;un inconnu, d&rsquo;une ombre, cet autre.  <\/p>\n\n\n\n<p>En\nsoudant les formes, Laurence Nicola exp\u00e9rimente, rassemble et\nconfronte les \u00e9l\u00e9ments choisis pour apporter de la chair au\nsquelette de sa pi\u00e8ce. Comment mieux donner du relief \u00e0 ces objets\nqu&rsquo;en choisissant d&rsquo;y laisser ses traces, certes invisibles, mais\nencore br\u00fblantes de d\u00e9sirs sur les contradictions qui cultivent nos\n\u00e9motions. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Dans\n<em>Collection<\/em>,\nl&rsquo;assemblage des objets trouv\u00e9s et fabriqu\u00e9s r\u00e9pondent \u00e0 la\nconvoitise, presque obsessionnelle, de capturer des souvenirs et de\nles tresser \u00e0 d&rsquo;autres comme autant d&rsquo;\u00e9quations et de doutes\npossibles sur cette relation \u00e0 deux. Une biblioth\u00e8que de songes\ndans laquelle les muscles de b\u00e9ton cristallisent les lignes\nd\u00e9licates du papier moul\u00e9 et de l&#8217;empreinte en porcelaine. Bien\nplus qu&rsquo;un cabinet minimal sur l&rsquo;objet, cette mosa\u00efque de formes\nd\u00e9borde de sensualit\u00e9 laissant en suspens le parfum d&rsquo;un corps,\nd&rsquo;un geste, d&rsquo;un instant d\u00e9cisif, caressant la fragilit\u00e9 d&rsquo;une\ncouleur et la transparence d&rsquo;un sentiment. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque\nMichel Foucault explique que la transgression est un geste qui\nconcerne la limite et qu&rsquo;elle se doivent l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre la densit\u00e9\nde leur \u00eatre<sup><a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a><\/sup>,\non reconna\u00eet le mariage m\u00e9canique entre mati\u00e8re et geste \u00e0 la\nlisi\u00e8re du d\u00e9bordement dans les migrations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de l&rsquo;artiste\nvers la mati\u00e8re. Dans <em>Le\nrepli<\/em>,\nle personnage est attentif aux pas obstin\u00e9s d&rsquo;un soul\u00e8vement\n\u00e9nigmatique, dangereux, peut-\u00eatre m\u00eame attractif. La densit\u00e9 de\nla mati\u00e8re est \u00e9loquente dans son propre <em>D\u00e9roul\u00e9<\/em>,\nun paysage de papier bascul\u00e9 puis redress\u00e9 \u00e0 la verticalit\u00e9&nbsp;;\nle reflet d&rsquo;une m\u00e9moire, d&rsquo;un pass\u00e9, d&rsquo;un souvenir, plus pr\u00e9sent\nque jamais. Tout comme l&rsquo;\u00e9tag\u00e8re de pl\u00e2tre issue d&rsquo;un papier bulle\ndans <em>Transports\namoureux<\/em>\ntraduit  ce flirte permanent entre la force et le sensible. \n<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s\nlors, la pr\u00e9sence semble toujours en proie au basculement, dans un\ntourbillon proche du d\u00e9chirement et pourtant, la fragilit\u00e9 de la\ntouche laiss\u00e9e par l&rsquo;artiste transperce l&rsquo;\u00e9quilibre de la mati\u00e8re\npour sublimer les lignes de son volume. Un dialogue, un jeu de\ncorrespondances entre lumi\u00e8re et obscurit\u00e9 afin d&rsquo;y int\u00e9grer plus\nde nuances dans cet instant fig\u00e9, intemporel, organique. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Chez\nLaurence Nicola, se cache derri\u00e8re ses \u0153uvres, un corps qui\nexp\u00e9rimente le \u00ab Faire \u00bb. Un processus de pens\u00e9e o\u00f9 le d\u00e9dale\nsurr\u00e9aliste, nuageux et hypnotique de ses pi\u00e8ces est travers\u00e9 par\nun geste en r\u00e9p\u00e9tition, une lib\u00e9ration du corps, un abandon sans\nraison. Elle r\u00e9colte ces objets puis s\u00e8me des indices pour mieux\nles utiliser comme les \u00e9ruptions complices d&rsquo;un d\u00e9placement qui\ns&rsquo;op\u00e8re entre l&rsquo;organique et la m\u00e9taphore. Dans ce duel, entre le\ngeste et l&rsquo;objet, la respiration et le suspens, l&rsquo;intrigue et la\ncatharsis, le flou et le transparent se rejoignent l&rsquo;\u00e9moi et le\nsilence d&rsquo;un chant passionn\u00e9 pour la mati\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Mehdi\nBrit, d\u00e9cembre 2014.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote1anc\">1<\/a>Michel\n\tFoucault, <em>Pr\u00e9face \u00e0\n\tla transgression. Hommage \u00e0 Georges Bataille<\/em>,\n\tParis, Nouvelles \u00e9ditions lignes, 2012, pp.16-17; publi\u00e9 pour la\n\tpremi\u00e8re fois dans <em>Critique<\/em>,\n\tn\u00b0193-196, ao\u00fbt-septembre 1963<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Se rejoindre\u00a0\u00bb Que reste t-il des fragments racont\u00e9s par ces paysages qui captent la vue\u00a0? Happ\u00e9, le corps immobile, le souffle se fait plus pr\u00e9sent puis le geste accompagne un regard sous la fulgurance d&rsquo;un \u00e9clair qui tente de se lib\u00e9rer d&rsquo;un brouillage \u00e9pineux. 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