{"id":3004,"date":"2022-04-05T15:01:13","date_gmt":"2022-04-05T14:01:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.laurencenicola.com\/labo\/?p=3004"},"modified":"2024-03-29T15:58:36","modified_gmt":"2024-03-29T14:58:36","slug":"du-corps-au-paysage-texte-danais-montevecchi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.laurencenicola.com\/labo\/du-corps-au-paysage-texte-danais-montevecchi\/","title":{"rendered":"Du corps au paysage, Ana\u00efs Montevecchi, 2021"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans\nles ann\u00e9es 70, Richard Long arpentait le paysage, cr\u00e9ant\nd&rsquo;imperceptibles traces de son passage, Herman de Vries d\u00e9butait sa\ncollection de terres multicolores et David Nash repensait le rapport\n\u00e0 la sculpture en \u201csculptant\u201d des arbres vivants avec <em>The\nAsh Dome <\/em>(1977).\nAutant de gestes artistiques qui invitent l\u2019homme \u00e0 adopter un\nautre rapport avec le vivant. Dans la lign\u00e9e de ces artistes\nvisionnaires, le travail de Laurence Nicola est le reflet d\u2019une\n\u00e9poque o\u00f9 notre rapport \u00e0 la nature \u00e9volue au rythme de l\u2019urgence\nclimatique. Du corps au paysage, l\u2019artiste compose des micro-mondes\n\u201c\u00e9cologiques\u201d au sens premier du terme, c&rsquo;est-\u00e0-dire, qui\nexplorent les corr\u00e9lations entre les \u00eatres vivants et le milieu qui\nles entoure. Vivant au contact de la nature et sensible \u00e0 son\nenvironnement, l\u2019artiste s\u2019en impr\u00e8gne pour cr\u00e9er des \u0153uvres\npolymorphes incluant dessin, vid\u00e9o, sculpture, photographie et\ninstallation, qui mettent en sc\u00e8ne sans hi\u00e9rarchie pr\u00e9\u00e9tablie,\ndes \u00e9l\u00e9ments issus du paysage, des mat\u00e9riaux industriels, des\nobjets, des rebuts avec son propre corps.<\/p>\n\n\n\n<p>\nEn effet, depuis ses premiers\ntravaux, le corps tient une place centrale dans le travail de\nl\u2019artiste. Outil de perception et de mesure, il est le vecteur de\nnos \u00e9motions. \u00ab&nbsp;En utilisant le corps, j\u2019essaye d\u2019\u00e9prouver\nphysiquement mes id\u00e9es et de les rendre perceptibles \u00bb, explique\nl\u2019artiste. Ainsi, dans ses vid\u00e9os et ses photographies, Laurence\nNicola confronte son corps \u00e0 celui des autres mais \u00e9galement \u00e0 des\nobjets ou des mati\u00e8res marquantes (une baignoire en zinc, \u0153ufs,\nsouches calcin\u00e9es, etc.). Elle exp\u00e9rimente alors les possibilit\u00e9s\nd\u2019approches entre son corps et ces mat\u00e9riaux \u00e0 travers des mises\nen sc\u00e8ne qui questionnent tout \u00e0 la fois l\u2019identit\u00e9, la\nfragilit\u00e9 de l\u2019\u00eatre et les affres de la condition humaine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Entretenant\nun rapport de collectionneuse avec le monde, Laurence Nicola\n\u00ab&nbsp;chine&nbsp;\u00bb et pr\u00e9l\u00e8ve des objets lors de ses\nd\u00e9rives&nbsp;artistiques. Elle collecte ainsi des rebuts de\nplastique ou de polystyr\u00e8ne qui deviennent le mat\u00e9riau\nd\u2019assemblages minutieux, des <em>Ready\nMade <\/em>naturels\nqui brouillent les pistes sur leur provenance. Inspir\u00e9e par\nl\u2019Anti-form et particuli\u00e8rement le travail d\u2019Eva Hesse\n(1936-1970), l\u2019artiste \u00e9labore des dispositifs d&rsquo;exposition qui\npr\u00e9sentent ses objets collect\u00e9s d\u2019une mani\u00e8re in\u00e9dite, relevant\n\u00e0 la fois de la classification scientifique et du cabinet de\ncuriosit\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le\npassage d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment vers son multiple est r\u00e9current dans la\nd\u00e9marche de l\u2019artiste. Elle le multiplie comme dans <em>Rituel\n<\/em>ou\nle divise pour pouvoir composer une nouvelle forme, comme dans\n<em>\u00c9closion\n<\/em>ou\n<em>Coucher\nde soleil<\/em>.\nL&rsquo;artiste travaille des mat\u00e9riaux comme le papier, le verre, le\nmica, le sel ou le pl\u00e2tre, qui peuvent \u00eatre effeuill\u00e9s, d\u00e9chir\u00e9s,\nmorcel\u00e9s, induisant l\u2019\u00e9laboration de protocoles et de gestes qui\npermettent leur transformation. Il se d\u00e9gage de ces \u0153uvres cr\u00e9\u00e9es\n\u00e0 partir de fragments et recompos\u00e9es dans des \u00e9quilibres\npr\u00e9caires, une fragilit\u00e9 qui \u00e9voque la vuln\u00e9rabilit\u00e9 du vivant\nmais aussi sa capacit\u00e9 de r\u00e9silience.<\/p>\n\n\n\n<p>Passant\ndu plan au volume, Laurence Nicola cr\u00e9e de grands muraux et des\ninstallations qui r\u00e9activent l\u2019ensemble de son vocabulaire\nartistique et forment des paysages quasi abstraits. Les \u00e9l\u00e9ments\nnaturels, directement expos\u00e9s ou \u00e9voqu\u00e9s par des principes de\nforme tels que la s\u00e9dimentation ou la stratification, dialoguent\navec des \u00e9l\u00e9ments qui figurent la pr\u00e9sence humaine (morceaux de\ncorps, objets manufactur\u00e9s). Cr\u00e9ant des rythmes et des compositions\nin\u00e9dites, ces paysages semblent \u00eatre une r\u00e9actualisation\nsymbolique d\u2019un paysage romantique \u00e0 l\u2019heure de l\u2019anthropoc\u00e8ne.\nEntre le changement climatique et l\u2019\u00e9croulement de la\nbiodiversit\u00e9, nous \u201cmarchons sur des oeufs\u201d, comme l\u2019illustre\navec humour l\u2019artiste dans sa photographie <em>Repeat<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\"> Ana\u00efs Montevecchi 2021<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans les ann\u00e9es 70, Richard Long arpentait le paysage, cr\u00e9ant d&rsquo;imperceptibles traces de son passage, Herman de Vries d\u00e9butait sa collection de terres multicolores et David Nash repensait le rapport \u00e0 la sculpture en \u201csculptant\u201d des arbres vivants avec The Ash Dome (1977). 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